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Les signes mathématiques de base

Connaître les principales règles typographiques est un avantage considérable pour la création de documents agréables à lire, parfaitement accessibles, que le lecteur aura plaisir à parcourir. En matière d’écritures mathématiques simples (les 4 opérations), il est préférable de savoir utiliser les caractères typographiques spécifiquement dédiés.

On ne perdra pas de vue que pour bien mettre en page un texte, il faut avoir envie de rendre sa lecture agréable, il faut faire preuve d’empathie envers le lecteur, parce que « la typographie est un art au service du sens ». (Nicolas TAFFIN – Typothérapie)

1. Préambule

Avertissement important : Contrairement à ce qu’on pourrait croire au premier abord, tout ce qui suit a une grande importance en matière d’accessibilité des contenus, à deux titres :
– en tout premier lieu, il est capital d’utiliser les « bons caractères » parce que les lecteurs d’écrans utilisés par des personnes malvoyantes les reconnaîtront en tant que tels et pourront valablement les lire à haute voix, sans faire perdre le sens.
– ensuite, on a déjà vu par ailleurs que des documents parfaitement structurés et mis en forme sont plus faciles à lire et à comprendre. (Cf. au point 6, plus bas.)

2. Le signe + et le signe égale =

Il est inutile de s’attarder sur ces signes puisque les caractères + et = sont directement accessibles sur tous les claviers, quelle que soit la machine utilisée et quel que soit le système d’exploitation.

3. Le signe moins −

Il n’existe pas sur les claviers. Il s’agit d’un signe mathématique, pas d’un signe de ponctuation et il y a un caractère spécifique pour le représenter.

➜ On n’utilisera donc PAS le trait d’union de la touche 6 du clavier ! (cf. article sur les tirets) Le signe moins est un tiret qui est plus long que le trait d’union et situé légèrement plus haut sur la ligne.

Comment l’obtenir ?

Il s’agit du caractère Unicode U+2212

Ci-dessous, comparaison du signe − et du trait d’union, avec une plus grande taille de police :

Signe −     Trait d’union -
-

4. Le signe multiplier ×

Il n’existe pas sur les claviers. Il s’agit d’un signe mathématique et il y a un caractère spécifique pour l’écrire : ×

➜ On n’utilisera donc PAS la lettre x (minuscule) pour le représenter, et encore moins le caractère astérisque *

Comment l’obtenir ?

Il s’agit du caractère Unicode U+00D7

Ci-dessous, comparaison du signe × et de la lettre x minuscule, trop souvent abusivement utilisée en lieu et place du caractère approprié :

Signe ×     Lettre x minuscule
× x

Le signe × est positionné légèrement au-dessus de la ligne de base (ligne sur laquelle reposent et sont alignés les caractères). On peut s’en rendre compte et comparer en grossissant la taille :
9 × 3 (avec le signe multiplier ×)
9 x 3 (avec la lettre x)


5. Le signe diviser ÷

Il n’existe pas sur les claviers. Il s’agit d’un signe mathématique et il y a un caractère spécifique pour l’écrire.

➜ Pour poser des opérations (divisions) en ligne, à l’école élémentaire quand on apprend la division, on n’utilisera donc pas le trait de fraction / (qui peut introduire une complexité supplémentaire dans l’écriture mathématique), mais le caractère typographique dédié : ÷

Par exemple : 24 ÷ 4 = 6

Comment l’obtenir ?

Il s’agit du caractère Unicode U+00F7

6. Quel intérêt ?

Il y a un intérêt majeur à toujours utiliser les caractères typographiques appropriés, ne serait-ce que pour garantir une accessibilité maximale à vos contenus, quelles que soient les situations.

6.1 Pour des publications « papier »

Il faut savoir que les caractères typographiques des signes mathématiques = + − × et ÷ occupent tous la même largeur. Cela peut paraître anodin et insignifiant au premier abord mais c’est ce qui va garantir que des documents contenant des opérations posées horizontalement, sur une ligne (chose courante dans les manuels scolaires qui proposent des batteries d’exercices de ce genre), soient parfaitement homogènes avec un alignement parfait des chiffres dans les opérations. Une bonne structuration des contenus facilite énormément le travail de repérage à l’intérieur de ces contenus et favorise la lisibilité.

Par exemple :

Caractères corrects × et −         Caractères incorrects x et -
35 − 13 =    35 - 13 =
25 × 12 = 25 x 12 =
68 + 17 = 68 + 17 =
91 − 43 = 91 - 43 =

On voit nettement que la mise en forme dans la 2e colonne n’est pas parfaite, les signes des opérations ont une taille hétérogène et les nombres venant après les signes mathématiques ne sont plus alignés verticalement, pas plus que les signes = qui suivent.

6.2 Pour des publications Web

En ce qui concerne les publications Web, tout ce qui vient d’être dit ci-dessus à propos de la forme reste valable, et il va s’ajouter une problématique supplémentaire, trop souvent ignorée en matière d’accessibilité des contenus pour les personnes malvoyantes qui utilisent un logiciel ou application de type lecteur d’écran : la problématique de synthèse vocale du texte.

En effet, ce type d’outil est chargé de lire le texte de la page Web à haute voix. Il est donc capable de reconnaître les caractères, les mots, les phrases, pour en faire une synthèse vocale qui permettra d’oraliser le texte et ainsi donner l’accès à tous les contenus pour certaines personnes en situation de handicap visuel. Encore faut-il que le texte soit composé avec les « bons » caractères typographiques…! Vous comprenez où je veux en venir.

Prenons par exemple, cette opération : 12 × 3 = 36

Dans ce second cas, la phrase lue perd évidemment tout son sens, à cause du caractère utilisé et le texte n’est pas accessible.

On voit donc bien, à travers ces deux situations, l’importance insoupçonnée de la typographie et les effets négatifs engendrés si on n’est pas rigoureux dans la composition de ses textes, et ce, dans toutes les situations (pas seulement à propos de signes mathématiques qui ont servi de prétexte à la démonstration).


Petit résumé en une image :

7. Pour en savoir plus :

Il faut savoir qu’il existe en tout plus de 150 000 caractères typographiques différents définis dans le standard Unicode, permettant d’écrire toutes les langues du monde… Or, nos claviers AZERTY français composés d’une centaine de touches (avec pavé numérique) nous permettent la saise directe de 142 caractères (sous Windows, qui a le clavier le plus « pauvre ») à 192 caractères (sous Linux, dont les dispositions de clavier permettent la saisie de très nombreux caractères spéciaux).

Pourtant, nous utilisons ou nous avons couramment besoin d’un certain nombre de caractères dits « spéciaux » qu’il est parfois impossible (ou du moins, passablement compliqué) de saisir sur un clavier classique sous Windows. Il est donc important de connaître les astuces permettant de les saisir :

Plus spécifiquement en ce qui concerne les symboles mathématiques, vous trouverez tout le nécessaire sur ces pages :



Remarque : Cette page, vous l’aurez compris sera plutôt utile aux personnes ayant besoin d’utiliser fréquemment des écritures mathématiques simples avec les 4 opérations, je pense en premier lieu aux enseignants du 1er degré en école élémentaire.
Les autres, en particulier les professeurs de mathématiques dans le second degré auront tout intérêt à se pencher sur l’utilisation de LaTeX pour une mise en forme parfaite de contenus mathématiques les plus complexes.

Sources



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Typographie : les signes mathématiques de base, by Alain MICHEL – Bureau de la Formation et de l'Innovation – AEFE, (2024) is licensed under CC BY-SA 4.0